• Laïcité ou lutte contre les religions ? science ou technologie ?

    La défense de la laïcité doit elle se confondre avec la lutte contre les sectes et les religions ?


    A cette question perfide, nos modernes "croisés" de la laïcité, souvent "de gauche" et partisans de la "tolérance" , du "combat contre la Bête immonde qui toujours fait retour" et du fait "qu'on doit admettre que la France est devenue un pays multi-ethnique et multiculturel", répondent, la main sur le coeur et la bouche en cul de poule : "NON voyons ! la laïcité peut et DOIT parfaitement s'accomoder de la multiplicité des religions, nous ne sommes plus au temps horresco referens où la France était dominée par le christianisme, d'ailleurs l'Islam est la deuxième religion de France et bientôt la première , pas d'amalgame voyons, ne confondez pas Islam et islamisme, espèce d'infect islamophobe, l'Islam des Lumières est un message de paix et de tolérance, c'est les cathos qui sont intolérants".  Et ils repartent sur des chapeaux de roue pour aller saccager un champ d'OGM, ou manifester contre les cathos anti-avortement. Les divers "responsables" politiques ou associatifs, et les "hommes de médias" partagent tous la même "réserve" contre les blasphèmes et sentiments anti-religieux, le même "respect de l'Islam" et condamnent tous Robert Redeker , "qui bien sûr est libre de penser ce qu'il veut mais a exagéré dans la provocation".

    Mais moi je suis un homme libre, responsable de rien (irresponsable donc ), ni de droite ni de gauche, et je dis donc tout haut ce que certains pensent tout bas : "OUI la défense de la laïcité et de la liberté de conscience passe par la lutte, le combat d'idées, contre les religions, et surtout contre les religions s' autoproclamant universelles, et surtout contre le christianisme et l'Islam, et surtout, à notre époque, contre l'Islam, et non pas seulement contre la forme intégriste ou fondamentaliste de cette religion".

    Il s'agit de bien faire la différence entre les individus et les idées, et les idéologies, qu'elles soient politiques, "philosophiques" ou religieuses. Il va de soi que l'on doit le respect aux individus et à leur liberté de penser et de croire, tant qu'ils respectent la liberté des autres; par contre on n'a pas à respecter les religions ou les idées si l'on pense sincèrement qu'elles ne sont pas respectables. Je suis tolérant envers les individus, mais absolument intransigeant sur le plan des idées.

    La conviction qui est à la base de "Mathesis universalis" est simple : elle est que la révolution intellectuelle , le "changement de paradigme" du 17 ème siècle européen, d'où est issue la science moderne et plus généralement la modernité, est venue aussi mettre fin à l'époque des religions et des idéologies; désormais ce devrait être la science et la philosophie qui la fonde et à la fois est fondée sur elle, qui joue le rôle qu'auraient dû jouer les religions, à savoir l'unification de l'humanité en un peuple de "prêtres de la Raison". Mais si les religions ont été incapables de mener à bien cette tâche, comme le montre avec évidence la permanence jusqu'à nos jours des guerres ou conflits religieux, la science fait preuve de la même incapacité et infidélité, et ce selon nous parce qu'elle s'est séparée de la philosophie dont elle était issue : à partir du 18 ème siècle et des immédiats continuateurs de Descartes, Leibniz ou Malebranche,  un gouffre insondable a commencé de se creuser entre la philosophie, qui est bien souvent retombée dans son ornière scolastique ("Words ! words ! words!") dont Descartes avait voulu la libérer , et la physique et la mathématique, qui ont poursuivi leur route.... très en avant et "au large" du petit enclos philosophique !

    Aussi fixons nous pour tâche à la philosophie de l'avenir, si toutefois elle doit exister,  de redevenir, sous la forme de ce que nous appelons "Mathesis universalis", la compagne et à la fois la servante et la maitresse des sciences ; nous représentons ceci sous la forme d'un schéma mathématique d' adjonction entre deux foncteurs : l'un orienté de l'Unité vers le domaine du multiple, soit les sciences, l'autre orienté du multiple vers l'Un, la philosophie. Forme mathématique et rigoureuse de la procession plotinienne et néo-platonicienne.

    Mais la science actuelle file un mauvais coton, car elle oublie son rôle principal d'émancipation vis à vis des superstititions sectaires et religieuses par l'intelligibilité de plus en plus grande du monde, au profit de la domination et de l'exploitation de la "nature" dans le Gestell heideggerien, l'arraisonnement de tout, bref dans la technologie.

    Lee Smolin, dans son dernier ouvrage "Rien ne va plus en physique",  peint un tableau saisissant de cet état de fait pour ce qui est des institutions de recherche nord-américaines, où la liberté intellectuelle qui devrait être celle de la recherche est paralysée par le conformisme de quelques "grands pontes" âgés (et masculins ! et blancs !) qui fixent les bornes du domaine étriqué d'où les jeunes talents ne doivent pas sortir, domaine qui selon Smolin est celui de la "théorie des cordes",  qui selon lui toujours a échoué. Il appelle de ses voeux l'émergence de scientifiques-philosophes sur l'exemple des grands géants de la pensée du début du 20 ème siècle : Einstein, Heisenberg... Richard Feynman , ce grand virtuose des mathématiques, n'en était déjà plus un...

    Cet échec et cet enlisement de la physique date du début des années 80, la dernière grande réussite de la physique théorique étant le modèle standard, achevé vers cette date. Par ce qui n'est sans doute pas une coïncidence,  un mathématicien (je crois qu'il s'agit de Mac Lane , ou de Goldblatt) note qu'à partir de 1980 on assiste à une décrue des travaux théoriques par rapport aux travaux de mathématique appliquée à l'ingénirie. (Bien entendu, je ne veux pas dire par là qu'il ne faut pas faire de maths appliquées).

    Dans cette optique, la mutation de la recherche française annoncée par Sarkozy et ses valets sonne comme le glas : celui du rapprochement des unités de recherche et des entreprises, comprenez l'assujettissement total des premières aux secondes , soit l'alignement sur le monde américain et anglo-saxon, monde où les religions et le multiculturalisme relativiste tiennent le haut du pavé, et où la science doit renoncer à ses prétentions "fascistes" d'expliquer le réel pour se limiter au progrès technologique et à la prospérité économique . Les islamistes ne peuvent qu'être d'accord.

    Cette situation est selon nous désastreuse car elle marque le retour des obscurantismes religieux et idéologiques : avoir des portables toujours plus perfectionnés ne répond pas aux aspirations réelles de l'humanité, qui sont depuis Descartes et surtout Spinoza l'intelligibilité totale du monde, soit le projet philosophique et scientifique. La pensée, sinon la nature, a horreur du vide, et la place qui n'est pas prise par la Raison sera prise par les religions et leur irrationalisme foncier; si la Raison cède un pouce de terrain en admettant qu'une partie du réel lui échappe par essence, alors elle devra tout céder.

    Aussi nous joignons nous à l'appel à l'héroïsme adressé par Alain Badiou, suite à l'élection de Sarkozy,  aux hommes de science : ne pas renoncer à la tâche réelle de la science (et de la philosophie ajouterons nous) qui est d'ordre théorique , pour le plat de lentilles de la technologie. D'aileurs le réchauffement climatique et la limitation des ressources naturelles est là pour montrer la voie : dans l'ordre de la Pensée il n'y a aucune limite, la Raison est l'Infini; par contre dans l'ordre de l'extériorité naturelle, les limites à la maitrise et à l'exploitation du "Gestell" seront de plus en plus visibles...


  • Commentaires

    1
    Mercredi 12 Septembre 2007 à 12:36
    Non sens...
    Je suis d'accordau sujet de la lutte contre l'intégrisme mais, parce qu'il doit y avoir un mais, la laïcité ne doit pas être confondu avec l'athéisme, la laïcité c'est sortir l'état de toute question religieuse, et non pas que l'état rejette les religions.
    2
    Mercredi 12 Septembre 2007 à 12:50
    Se permettre
    de parler de "non-sens" avec un commentaire aussi inculte et sirupeux, c'est faire œuvre d'illustration des considérations de l'auteur dans ses premiers paragraphes. La laïcité n'est pas un "sortir l'Etat de toute question religieuse", bien au contraire, l'Etat eut à légiférer. Par ailleurs, si l'Etat ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte, ce qui n'est pas d'actualité aujourd'hui, les religions n'ont pas à envahir l'espace public plus qu'il n'est loisible à chaque croyant d'exercer son culte.
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